Allergies alimentaires chez le chien et le chat : symptômes, causes et solutions

Allergies alimentaires chez le chien et le chat : comprendre les causes et choisir la bonne alimentation

Démangeaisons persistantes, rougeurs, otites à répétition, léchage excessif ou troubles digestifs surviennent chez l’animal.

Lorsqu’un chien ou un chat présente ces symptômes, l’alimentation est parfois pointée du doigt.

Allergie peut en être la cause.

Mais qu’est-ce qu’une véritable allergie alimentaire? Quelles protéines sont le plus souvent impliquées chez nos animaux en Amérique du Nord? Et surtout, quelles solutions alimentaires peut-on envisager?

Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire?

Une allergie alimentaire est, en fait, une réaction anormale du système immunitaire envers un élément présent dans l’alimentation, généralement une protéine.

Normalement, l’organisme de l’animal reconnaît les protéines alimentaires comme étant sans danger. Chez un animal allergique, le système immunitaire réagit toutefois à certaines d’entre elles comme s’il devait se défendre contre une menace.

Cette réaction peut provoquer différents symptômes, particulièrement au niveau de la peau et, chez certains animaux, du système digestif.

Allergie, intolérance ou sensibilité alimentaire?

Ces termes sont souvent utilisés comme s’ils signifiaient la même chose, mais il existe une différence importante.

Une allergie alimentaire implique le système immunitaire.

Une intolérance alimentaire, quant à elle, peut provoquer une mauvaise réaction à un aliment sans que le système immunitaire soit directement responsable. Un animal peut, par exemple, avoir de la difficulté à digérer un ingrédient particulier.

Le terme sensibilité alimentaire est plus général et est souvent utilisé pour désigner une réaction indésirable à un aliment sans nécessairement connaître le mécanisme exact responsable.

Quels sont les signes possibles d’une allergie alimentaire?

Chez le chien et le chat, les allergies alimentaires peuvent notamment être associées à :

  • des démangeaisons persistantes;
  • un léchage ou grattage excessif;
  • des rougeurs de la peau;
  • des infections cutanées récurrentes;
  • des otites à répétition;
  • une perte de poils;
  • des selles molles ou de la diarrhée;
  • des vomissements chez certains animaux;
  • des troubles digestifs chroniques.

Les démangeaisons constituent l’un des signes les plus fréquemment observés lors d’une allergie alimentaire cutanée.

Contrairement à certaines allergies environnementales, les symptômes d’une allergie alimentaire peuvent être présents toute l’année, puisque l’animal consomme régulièrement l’ingrédient responsable.

Quelles protéines provoquent le plus souvent des allergies chez le chien?

Les données vétérinaires disponibles pour les chiens vivant notamment en Amérique du Nord montrent que les sources alimentaires le plus souvent associées aux réactions alimentaires sont :

  1. Le bœuf
  2. Les produits laitiers
  3. Le poulet
  4. Le blé
  5. L’agneau

Dans une revue de la littérature vétérinaire portant sur des chiens chez lesquels une réaction alimentaire avait été confirmée, le bœuf arrivait en tête, suivi des produits laitiers, du poulet et du blé.

D’autres ingrédients comme le soya, le maïs, les œufs, le porc, le poisson et le riz peuvent également provoquer une réaction chez certains chiens, mais ils ont été rapportés moins fréquemment.

Le poulet et le bœuf sont-ils vraiment plus allergènes?

Pas nécessairement.

Il est important de comprendre qu’un aliment fréquemment associé aux allergies n’est pas automatiquement un aliment de mauvaise qualité ni une protéine qu’il faut éviter chez tous les animaux.

Les protéines comme le poulet et le bœuf sont aussi extrêmement répandues dans l’alimentation animale. Un chien doit généralement avoir été exposé à une protéine avant de développer une réaction allergique à celle-ci.

Les statistiques peuvent donc refléter en partie les habitudes alimentaires des animaux au cours des dernières décennies.

Un chien qui mange du poulet depuis plusieurs années peut éventuellement développer une allergie au poulet, alors qu’un autre pourra en consommer toute sa vie sans aucun problème.

Quelles protéines provoquent le plus souvent des allergies chez le chat?

Chez le chat, les sources alimentaires le plus souvent rapportées sont principalement :

  1. Le bœuf
  2. Le poisson
  3. Le poulet

Les produits laitiers, le blé, le maïs et l’agneau ont également été associés à certaines réactions, mais moins fréquemment dans les études disponibles.

Le poisson mérite particulièrement notre attention chez le chat. Beaucoup de chats ont consommé régulièrement du poisson ou des aliments contenant des protéines de poisson au cours de leur vie. Il ne constitue donc pas nécessairement une « nouvelle protéine » lorsqu’on cherche une alimentation alternative.

Une nourriture sans grains est-elle automatiquement meilleure pour un animal allergique?

La seule réponse qui est acceptable c’est: Non!

C’est une idée reçue assez fréquente.

Dans plusieurs cas d’allergies alimentaires chez le chien et le chat, les protéines animales sont davantage en cause que les céréales.

Passer d’une nourriture contenant du poulet et du riz à une nourriture « sans grains » contenant toujours du poulet ne règle donc pas nécessairement le problème si le poulet est la protéine responsable.

L’objectif doit être d’identifier l’ingrédient auquel l’animal réagit, plutôt que d’éliminer automatiquement toutes les céréales.

Quelles sont les solutions alimentaires?

1. Choisir une nouvelle protéine

Une alimentation à protéine nouvelle, parfois appelée protéine novel, utilise une source de protéines que l’animal n’a jamais ou très rarement consommée.

Selon son historique alimentaire, différentes possibilités peuvent être envisagées, par exemple :

  • le canard;
  • le lapin;
  • le chevreuil;
  • certaines espèces de poissons;
  • le porc;
  • d’autres protéines moins couramment utilisées.

Pour qu’une protéine soit réellement considérée comme nouvelle, il faut toutefois connaître le plus précisément possible tout ce que l’animal a déjà mangé au cours de sa vie.

Un chien qui a déjà consommé plusieurs nourritures, gâteries et produits contenant du canard ne bénéficiera pas nécessairement d’une alimentation au canard dans le cadre d’un véritable régime d’élimination.

2. Utiliser une alimentation à ingrédients limités

Les nourritures à ingrédients limités cherchent généralement à réduire le nombre de sources de protéines et d’ingrédients utilisés dans la recette.

Elles peuvent faciliter la sélection d’une alimentation appropriée pour certains animaux.

Il faut toutefois lire attentivement la liste des ingrédients. Une recette présentée comme étant « à l’agneau », par exemple, peut parfois contenir d’autres sources de protéines animales.

Dans le cadre d’un véritable test diagnostique pour une allergie, le vétérinaire peut recommander une alimentation thérapeutique bénéficiant de contrôles plus rigoureux afin de réduire les risques de contamination par d’autres protéines.

3. Les protéines hydrolysées

L’alimentation hydrolysée représente une autre solution particulièrement intéressante.

Lors de l’hydrolyse, les protéines sont fragmentées en morceaux beaucoup plus petits, appelés peptides. L’objectif est de rendre ces fragments suffisamment petits pour qu’ils soient moins facilement reconnus par le système immunitaire de l’animal.

Plus le degré d’hydrolyse est important, plus le risque de réaction peut être réduit chez certains animaux sensibles à la protéine originale.

Ces aliments sont fréquemment utilisés dans les diètes d’élimination prescrites ou supervisées par un vétérinaire.

4. Une alimentation maison formulée par un professionnel

Dans certaines situations particulières, une alimentation maison peut également être envisagée.

Il ne suffit toutefois pas de donner simplement une viande et quelques légumes pendant une longue période. Une recette maison destinée à devenir l’alimentation régulière d’un chien ou d’un chat doit être complète et équilibrée afin d’éviter les carences nutritionnelles.

L’idéal est alors de travailler avec un vétérinaire ou un professionnel possédant une expertise reconnue en nutrition animale.

Comment savoir à quoi son animal est réellement allergique?

Changer de nourriture plusieurs fois au hasard permet rarement d’obtenir une réponse claire.

La méthode de référence pour diagnostiquer une allergie alimentaire demeure la diète d’élimination suivie d’une réintroduction contrôlée des anciens aliments. Les tests sanguins, salivaires ou utilisant les poils ne sont pas considérés comme suffisamment fiables pour confirmer à eux seuls une allergie alimentaire.

Pendant une diète d’élimination, l’animal reçoit exclusivement l’alimentation choisie pour le test.

Cela signifie qu’il faut également surveiller :

  • les gâteries;
  • les restes de table;
  • les produits à mâcher;
  • certains suppléments aromatisés;
  • certaines médications aromatisées;
  • toute autre nourriture accessible à l’animal.

Même une petite quantité d’une protéine problématique peut compliquer l’interprétation du test.

Pour les problèmes cutanés, une diète d’élimination peut devoir être suivie pendant plusieurs semaines, souvent de 8 à 12 semaines, avant de pouvoir correctement évaluer les résultats.

Si les symptômes diminuent considérablement, l’ancienne alimentation ou certains ingrédients peuvent ensuite être réintroduits de façon contrôlée. Le retour des symptômes permet de confirmer plus solidement l’existence d’une réaction alimentaire.

Cette étape devrait idéalement être réalisée avec l’accompagnement d’un vétérinaire.

Le meilleur choix dépend de chaque animal

Il n’existe donc pas une protéine « hypoallergénique » qui convient automatiquement à tous les chiens et à tous les chats.

Un animal peut être allergique au poulet et parfaitement tolérer le bœuf, alors qu’un autre présentera exactement la situation inverse.

L’historique alimentaire de l’animal est l’un des éléments les plus importants pour choisir une alimentation appropriée.

Les principales options comprennent donc :

une nouvelle protéine, lorsque l’historique alimentaire permet d’en identifier une;

une alimentation à ingrédients limités, lorsque l’on souhaite contrôler plus facilement les sources de protéines;

et une alimentation à protéines hydrolysées, particulièrement utile dans le cadre d’une diète d’élimination supervisée.

En conclusion

Une allergie alimentaire n’est pas simplement une mauvaise digestion : il s’agit d’une réaction impliquant le système immunitaire, le plus souvent envers une protéine alimentaire.

Chez le chien, le bœuf, les produits laitiers et le poulet figurent parmi les sources les plus souvent rapportées, tandis que chez le chat, le bœuf, le poisson et le poulet reviennent fréquemment dans la littérature vétérinaire.

Cela ne signifie toutefois pas que ces ingrédients doivent être évités chez tous les animaux.

Lorsqu’une Allergie est suspectée, le plus important est de cesser de changer d’alimentation au hasard.

Il faut adopter une approche structurée.

Une alimentation à protéine nouvelle ou hydrolysée peut être envisagée.

Combinée à une diète d’élimination lorsque nécessaire, elle permet souvent de trouver une solution adaptée à l’animal.

Si votre chien ou votre chat présente des démangeaisons persistantes, des otites récurrentes ou des troubles digestifs chroniques, consultez votre vétérinaire afin d’écarter les autres causes possibles et de déterminer si une investigation alimentaire est appropriée.

Je vous invite à prendre connaissance de ces deux articles publiées sur la nutrition du chien et du chat si vous souhaitez approfondir vos connaissances:

Les meilleures protéines pour chien

Les besoins alimentaires fondamentaux d’un chat